Finance et climat : la banque, l’argent et l’impact carbone

LITA.co-Eva-Sadoun

Dans le cadre de « la semaine de la finance responsable » en France, Eva Sadoun, fondatrice et Présidente de Lita.co, a été interviewée par Mathieu Vidard dans l’émission La Terre au carrée de France Inter. Dans cette interview elle est revenue sur la question suivante : « comment gérer son argent de manière responsable ? »

La présidente n’a pas hésité à souligner que la question de savoir précisément où l’argent épargné est investi, se pose aujourd’hui plus que jamais. Elle a souligné que lorsque l’on veut refuser des investissements dans des énergies fossiles ou autre, il y a des alternatives aux acteurs financiers traditionnels vers lesquels on peut se tourner. En effet, les acteurs de la finance responsable ajoutent aux produits traditionnels de type compte-épargne, des composantes extra-financières qui n’analysent pas uniquement l’impact financier des produits mais aussi leurs impacts en terme de climat, d’environnement et d’autres paramètres sociaux.

En terme d’empreinte carbone, chaque individu consomme, épargne et produit. Finalement, c’est 40% des émissions carbones  de chaque individus qui sont liées à la manière dont il investit son argent. Malheureusement, les citoyens n’ont pas conscience de cette réalité. C’est pourquoi, des outils comme Lita.co voient le jour de sorte à agir en remettant de la transparence dans la finance. Les individus ignorent le pouvoir qu’ils ont dans le financement de la transition. Sur l’épargne globale, 38% est de l’assurance-vie et donc les individus ont des fonds qui détiennent des obligations d’État (en France), c’est un vecteur de démocratie avec lesquels ils peuvent influencer l’État vers plus de transition durable de la société. Lorsque l’on s’intéresse à l’épargne-privée, de type livret A ou fonds, l’argent est utilisé par les banques pour faire des investissements, en grande partie vers les énergies fossiles. La clé de répartition de l’utilisation de l’argent n’est pas consultable aujourd’hui, alors qu’en tant qu’actionnaire, chacun devrait pouvoir réclamer de meilleurs investissements de la part des banques.

Néanmoins, il existe des moyens pour faire changer ce constat. Si une personne possède un livret ou une assurance vie, elle peut demander à les passer en « développement durable et solidaire ». La caisse des dépôts va devoir obligatoirement investir dans la transition (pour les nouveaux livrets). Les citoyens peuvent également demander des fonds ISR (investissement socialement responsable) pour leurs assurances-vie et refuser d’investir dans ce qui diverge de leurs valeurs. Les épargnes-salariales peuvent également être investies dans des portefeuilles ISR.

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